Saint James, rhum emblématique de Martinique

Illustration Saint James, rhum emblématique de Martinique

Que vous soyez un passionné de rhum ou un novice, vous avez nécessairement déjà rencontré la fameuse bouteille à fond plat de la marque Saint James. Aussi ancienne qu'emblématique, Saint James ne laisse pas indifférent.

Débuts historiques

Saint James trouve ses origines à Saint-Pierre sur l'île de la Martinique en 1765, grâce au Père Edmond Lefébure, supérieur du couvent des Frères de la Charité. Cette organisation gère l'hôpital du fort Saint-Pierre qui soigne en priorité les militaires et les nécessiteux. Pour les besoins de l’hôpital, le Père Edmond Lefébure, a fait construire une sucrerie juste à côté de l'hôpital, sur le lieu-dit du Trou Vaillant. Et comme le veut la tradition de l'époque, la sucrerie a engendré la création d’une « vinaigrerie » où l’on distille les résidus de mélasse pour obtenir de la guildive ou tafia (taffia), les ancêtres de notre rhum.

Le Père Lefébure décide de poursuivre ses expérimentations et s'emploie à produire les premiers rhums. Homme de foi, mais aussi bon gestionnaire, le Père Lefébure a le sens des affaires. Il continue de s'occuper de la production mais confie le commerce des excédents de la distillerie au Père Gratien, qui n’a d’autre choix que de proposer aux colonies anglaises d’Amérique du Nord leurs spiritueux. En effet, l'édit de janvier 1713, qui durera jusqu'en 1803, précise que les expéditions de tafia sont interdites vers la métropole française, afin d'éviter de concurrencer le vin et les spiritueux locaux comme le cognac. On ne parle pas encore de marketing et de communication, mais le Père Gratien se rend compte qu'il est difficile de prononcer Trou Vaillant en anglais. Il décide de communiquer avec un nouveau nom. Non loin du lieu-dit, se trouve l'habitation Saint-Jacques. En anglais, le prénom Jacques correspond à James, un héritage des conquêtes normandes du XIe siècle. Le Père Gratien décide donc de baptiser les produits Saint James. La célèbre marque était née.

Saint James, rhum historique de Martinique

Naissance de la marque

À la fin du XIXème siècle, après la Révolution, les choses bougent. Les domaines religieux sont déclarés biens nationaux et propriété de l’État, puis sous la Restauration, tout est annulé par ordonnance royale. Au final, le négociant marseillais Paulin Lambert s'intéresse à la production de rhum en Martinique et finit par acquérir Saint James le 21 août 1882. Il prend le contrôle total de la culture de la canne à sucre à la mise en bouteille.

Capitaine d'industrie astucieux et homme d'affaires avisé, Paulin Lambert privilégie l’embouteillage en verre et choisit un format atypique pour l'époque : une bouteille à fond plat carré. Ce format permet d’optimiser l’espace pour le transport en cale de bateaux et réduit considérablement la casse. L'identité de la marque avec comme premier signe distinctif le caïman au milieu d'un champ de canne à sucre, est déposée en même temps que la bouteille en 1882.

Conquête commerciale

Entre 1882 et 1902, la marque Saint James part à la conquête commerciale de nouveaux marchés. De nombreux supports publicitaires permettent à l'entreprise d'acquérir une renommée mondiale. En 1885, la marque propose les premiers rhums millésimes. Une grande première pour ce spiritueux. En 1889, une imposante banderole de trente mètres sur quatre de large où figure le nom des « Plantations Saint James » est installée sur les hauteurs de Saint-Pierre en Martinique. Elle deviendra aussi célèbre, sur le vieux continent, que pour les marins locaux.

Catastrophe

En 1902, le 8 mai à 8h02, le volcan de la montagne Pelée de 1 397m et le point culminant de la Martinique, entre en éruption, entraînant la destruction de la ville de Saint-Pierre située à ses pieds. Au cours de cette éruption, près de 30 000 personnes décèdent. Miraculeusement, la distillerie Saint James n’est que partiellement détruite. En effet, située dans une vallée très encaissée, la distillerie résiste au carnage et est seulement recouverte d'une épaisse couche de cendres. Elle sera remise en état de fonctionnement deux ans plus tard car la demande en rhum est importante. Pour répondre à cette demande, plusieurs sites sont rachetés : Saint-Joseph en 1911, Lamentin en 1912 et Case-Pilote en 1929. En effet, durant cette période, la Première Guerre Mondiale fait rage en Europe. Chaque ration de combat contient une bouteille de rhum Saint James. Durant cette période, Saint James écoulera environ deux millions de litres de rhum. Puis vers 1920, le marché du rhum s'essouffle, entraînant de nombreuses faillites, mais la distillerie Saint James résiste encore et tient bon.

Habitation Saint-James

Suite de l'aventure

La distillerie Saint James prend un nouveau virage historique en 1955 avec la vente de l'entreprise à un fond d'investissement de métropole, la Société d’Investissement des Caraïbes. Malgré des efforts de diversification et de modernisation des infrastructures, l'équation économique est trop compliquée. L'aventure s'achève seulement 10 ans après, en 1965, avec un dépôt de bilan. Une entreprise décide de reprendre à son compte Saint James : Picon, le distributeur de l'époque en France pour la marque. En 1973, Picon est rachetée par la société Cointreau qui devient le nouveau propriétaire de la marque. C'est une année charnière pour la distillerie car il est décidé de regrouper dans une nouvelle distillerie, en l'occurrence à Sainte-Marie sur la côte atlantique de la Martinique, un vaste site de production à proximité immédiate des plantations de cannes sur un terroir riche et bien exposé au soleil. Le 23 décembre 1974, l'inauguration de ce nouveau site est un véritable événement et Jacques Chirac, alors premier ministre du président Valéry Giscard D’Estaing, fait le déplacement pour présider l’inauguration.

Entre 1970 et 1990, la consommation de rhum en France métropolitaine a été divisée par deux. Afin de protéger le rhum agricole de Martinique, et d'obtenir dans l'esprit du consommateur un statut de boisson haut de gamme compatible avec son coût plus élevé, la décision a été prise de faire campagne pour obtenir une Appellation d'Origine Contrôlée (AOC). C'était également l'occasion d'apporter la reconnaissance de la typicité du produit et d'un savoir-faire unique. La décision de demander une Appellation d'Origine Contrôlée (AOC) a donc été prise dès 1975. Le précieux sésame sera délivré par décret le 5 novembre 1996. C’est le premier alcool blanc produit en dehors de la France métropolitaine à bénéficier d’une telle mesure. Cette appellation encadre le type des cultures, les techniques de production et même la distillation afin de garantir l'authenticité du produit. Saint James profite bien évidemment de cette AOC pour ses produits qui répondent au cahier des charges.

Dernier rebondissement dans l'histoire de la distillerie, en 2003, avec le rachat de l'entreprise par La Martiniquaise. Entreprise française spécialisée dans la fabrication et la distribution de vins et spiritueux, elle possède déjà un large portefeuille de marques. On peut notamment citer Depaz, Dillon, Label 5 ou encore Poliakov.

Saint James, rhum vieux de Martinique

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Publié avec passion et panache le 16/12/2019.

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